Vendredi 30 janvier 2009 5 30 /01 /Jan /2009 23:16


Le village

Menzel Bouzelfa fait partie des nombreux villages agricoles de Tunisie. L'air y est sain, la vie y est simple. On y rencontre beaucoup d’animaux tels que les ânes et les chevaux qui servent à tirer les charettes des paysans garnies de fruits, légumes ou autres produits issus de leur agriculture. Cela semble très archaïque d’un point de vue occidental mais ici c’est tout à fait normal et ça ne choque personne. D’ailleurs, les paysans sourient quand ils me voient en train de photographier leurs animaux. L’un d’entre eux m’a même dit : « c’est la première fois que je vois quelqu’un qui s’interresse plus à mon âne qu’à mes produits, tu n’es pas d’ici ma fille, n’est-ce pas ? ».

Et oui, les tunisiens forment une grande famille… Les hommes de même génération s’appellent entre eux « khouya » (=mon frère) et appellent les femmes de leur génération « ou’kh’ti » (=ma sœur). Les personnes âgées sont appellées « el Hadj »  au masculin ou « Hadja » au féminin ce qui est une grande marque de respect car cela signifie « celui qui a fait le pélerinage ». Elles-mêmes appellent les plus jeunes « Oulidi » (=mon fils) ou « Benthi » (=ma fille). Ces appellations sont une grande marque de chaleur, de sympathie et de proximité entre les personnes.

Concernant les animaux, j’ai remarqué que malheureusement les animaux errants courrent les rues. Les chats et chiens qui luttent pour survivre sont nombreux et ont peur des humains car il est culturel pour les tunisiens de détester les chats et les chiens, ceux-ci étant considérés comme des êtres impurs pour les croyants…

 

Ce que l’on trouve aussi beaucoup ici, ce sont les cafés. Mais attention, pour les hommes uniquement. Il n’est évidemment écrit nulle part « interdit aux femmes » mais il est considéré comme honteux pour une femme de pénétrer dans un café d’un village où tout le monde se connait. Allez donc savoir pourquoi… Mon bureau à la STEG se trouve justement en face d’un des plus grands cafés du village, ce qui me laisse à mes nombreuses heures perdues l’opportunité d’observer les buveurs de café… Il est culturellement normal ici de commander un simple café et d’occuper une table pendant plus de deux heures pour la seule et même boisson. Entourés de leurs amis, les hommes ne comptent pas leur temps à discuter autour d’un café ou d’un thé, une cigarette à la main et une chicha pas bien loin… J’ai déjà vu certains hommes rester du matin au soir assis à la même table. Le café est le lieu de rencontre des hommes.

 

La maison

Pendant que les hommes passent leur temps au café, les femmes, elles, préfèrent la maison comme lieu de rencontre, plus précisément le salon. Ma belle-mère fait d’ailleurs partie des femmes les plus connues et les plus appréciées du village. Ses amies et elles choisissent donc le plus souvent sa maison (donc la maison où je vis) pour se réunir et discuter. Hum, non, discuter n’est pas le bon mot… S’exprimer est plus approprié… Les femmes donc parlent entre elles en arabe, et les arabes parlent et rient très FORT… A tel point que c’est d’ailleurs souvent elles qui me réveillent de ma sieste quotidienne… Mon beau-père, mes beaux-frères, mon mari et moi détestont cela d’ailleurs et préférons nous réfugier dans la cuisine lors de telles « réunions », mais nous ne pouvons rien reprocher à notre chère Mamia (surnom de ma belle-mère) car elle se démène toute la journée (levée à 7h,  couchée à minuit) pour s’assurer du bien-être de chacun dans la maison. Elle s’occupe à elle seule de toutes les tâches ménagères, de faire la cuisine, de servir sa famille au mieux et elle y arrive merveilleusement bien d’ailleurs. Réunir ses amies chez elle est donc pour elle un grand plaisir dont personne ne pourrait la priver..

 

Les courses

Dans un village agricole comme celui où je vis, les gens ont très peu de revenus et se nourrissent d’aliments rentables comme le pain et les légumes. A titre d’exemple, une baguette de 300g coûte 200 millimes (0,200 Dinars Tunisiens) soit environ 12 centimes d’euros. Cela semble minime pour nous. Mais le coût de la vie pour les habitants est aussi voir plus élevé que chez nous en France car ici le SMIC est à 200 DT (soit environ 120 euros).

 

C’est au Souk (=le marché) que les habitants font la plupart de leurs courses. C’est deux jours par semaine, le mercredi et le jeudi qu’il se tient au village. Je n’ai malheureusement pas encore eu l’occasion d’y aller mais je le croise sur le chemin de la maison à la STEG (d’où la photo) et d’après ce que m’ont dit mes collègues, le mercredi on trouve des moutons vivants à vendre, le jeudi, c’est le jour des vâches qui coutent 1000DT la vache et 4000DT le bœuf !

Mes habitudes alimentaires sont bien différentes des gens d’ici ce qui m’a valu une turista pendant ma première semaine ici... Pour pouvoir trouver les produits que je consomme habituellement, je dois me déplacer jusqu’à la capitale où l’on trouve les grandes surfaces Carrefour, Géant, Champion et Monoprix. Mais même dans ces magasins, je ne trouve pas forcément tous mes produits préférés parfois en rupture de stock et lorsque je demande à un employé, la réponse que j’obtiens le plus souvent est « makech, radwa inch’allah » (=Il n’y a pas, demain si Dieu le veut..). On perd vite patience au début mais on finit par s’habituer. Un conseil à tous ceux qui voudraient voyager en Tunisie pour un moment, faites vous un stock de céréales (Chocapic, Kellog’s ou autres..) car ici le prix moyen d’un paquet de 250 grammes et de 6 DT (soit environ 3€), faites également un stock de pots de Nutella (je sais qu’on est nombreux à être drogués à cette délicieuse pâte à tartiner) car ici le prix d’un pot de 750g est de 14 DT (presque 7€ !), de plaquettes de bon chocolat et de tubes de bonne mayonnaise car ici vous n’en trouverez pas… Enfin, profitez de votre passage aux magasins détaxés des aéroports pour vous approvisionner en bouteilles d’alcool (à titre d’exemple, une bouteille de vodka Absolut de 1L coûte ici 120 DT soit environ 55€ en grande surface !) ou en cartouches de cigarettes françaises car celles d’ici n’ont absolument pas le même goût !

 

Après un mois passée en Tunisie, le bilan est plutôt mitigé. J'ai une belle-famille en or. Les gens sont chaleureux, mais le village est ennuyeux et il manque bien trop de choses. Concernant mon apprentissage de la langue arabe, je progresse, j’arrive déjà à tenir une conversation avec les enfants de 2 à 4 ans, pas mal non ?

Par Leila Bouzidi - Publié dans : Culture locale - Communauté : ECE Bordeaux
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Vendredi 23 janvier 2009 5 23 /01 /Jan /2009 01:11
Le stage, c'est quand même LA raison de notre départ à l'étranger, alors je me dois d'y consacrer un article !
L'entreprise où je fais mon stage est la Société Tunisienne de l'Electricité et du Gaz (STEG), soit l'équivalent de EDF-GDF Suez mais attention, en beaucoup moins avancée... En effet, la télégestion n'existe pas encore en Tunisie, les relèves de compteurs se font tous les quatre mois manuellement par des agents qui se déplacent au domicile des abonnés... Imaginez déjà la perte de temps et d'argent... Ensuite, les fournitures de l'entreprise laissent vraiment à désirer. Les ordinateurs que vous trouvez ici sont des vieux ordinateurs datant de 1998-1999 (donc Windows 98) sur lesquels on a installé Windows XP et Microsoft Office 2007... Imaginez donc combien de temps il faut attendre pour qu'une fenêtre s'affiche... Et attention, je ne parle pas de page internet quand je dis fenêtre, car Internet n'est réservé qu'au bureau du chef de District... Il y a 3 étages et environ 10 bureaux par étage + la salle d'accueil pour les clients où il y a 5 ordinateurs, ce qui fait plus de 30 bureaux et un seul est équipé d'Internet... Ajoutez à ce manque, les dossiers papiers qui s'entassent dans les bureaux, la rareté des imprimantes qui fonctionnent, le papier qui manque toujours, et les stylos aussi ! Bref, les conditions de travail ne sont pas géniales, ici, l'expression "On fait avec les moyens du bord" est vraiment vérifiée... Enfin, les abonnés ne payent pas par chèque mais en majorité vont directement faire la queue à la caisse de la STEG pour régler leurs factures en liquide ce qui représente une perte de temps en plus !

J'essaye de faire abstraction de tout ça et je fais tant bien que mal mes premiers pas dans l'entreprise. J'ai d'abord été emmenée à l'unité commerciale de la société. Là, j'ai rencontré un couple de mariés (Ines et Anis) qui s'occupent à eux deux de ce service. Ines parle très bien français et m'a expliqué en détails le déroulement de l'entreprise. Elle-même est très objective et se rend compte du retard et des mauvaises façons de travailler dans son entreprise, mais comme elle le dit elle-même, elle fait ce travail seulement pour gagner sa vie et non par passion... La devise de l'entreprise est : "On fait ce qu'on écrit et on écrit ce qu'on fait", c'est à cause de cette devise d'ailleurs que j'attends toujours que le dirigeant de la STEG du district de Menzel Bouzelfa signe ma convention de stage car il attend l'accord écrit du siège de la STEG à Tunis malgré la confirmation par téléphone qu'il a obtenu...
J'ai passé deux petits jours à l'unité commerciale puis j'ai été envoyée comme plus de la moitié des stagiaires (nous sommes une quinzaine de stagiaires) au "Service Qualité" dont la mission est l'obtention des différentes normes de qualité internationales et l'objectif actuel est l'aquisition de la norme ISO 9001 V 2008 (=version 2008), la dernière que le district de Menzel Bouzelfa a obtenu est ISO 9001 V 2000. Mais comme me l'ont dit tous les autres employés, on ne fait rien dans ce service, la preuve, cela fait 3 ans que l'entreprise cherche à obtenir les normes, mais en vain... Ce service semble n'être là que pour faire joli et a un grand bureau pour accueillir les stagiaires "bons à rien". Derrière cette porte que vous voyez sur la photo ci-dessous, j'ai fait de la lecture des différents supports du système de management de la qualité tandis que les stagiaires tunisiens jouaient au Solitaire, j'ai tout fait pour tenter d'obtenir un travail interressant à faire par le responsable de ce service, mais lui-même ne fait rien et passe son temps sur des interventions Gaz (il a un double-poste dans le district) donc vous imaginez bien qu'il n'était pas souvent là et je devais donc me résigner à continuer à lire des documents ennuyeux...


La semaine dernière, Mme Ines (oui ici, pour les femmes, on dit "Madame" avant le prénom et non pas avant le nom de famille) m'a convoquée pour parler avec moi du rapport de stage. Elle s'inquiétait pour moi et m'a dit qu'elle n'acceptait pas les stagiaires dans son service d'habitude car ici la notion de stage n'est pas la même et pensant que j'ai du potentiel,elle a décidé de me faire travailler avec elle après ses congés de cette semaine. Je suis donc finalement soulagée mais en l'attendant, cette semaine je travaille à l'unité abonnés où je dois classer des dossiers par ordre numérique de références, saisir informatiquement des changements de caractéristiques de compteurs ou bien calculer au pro-rata le montant que les abonnés doivent à la STEG suite au disfonctionnement de leur compteur qui leur a valu des factures nulles pendant X années... Bon ce n'est pas très interressant pour l'instant mais c'est déjà mieux que de la simple lecture. J'avoue que le stage ne correspond pas vraiment à ce que j'en attendais et j'en ai parlé à des employées avec qui je m'entends bien et en qui j'ai confiance, elles m'ont dit qu'en Tunisie, les entreprises du secteur public ne travaillent pas beaucoup car elles ont le monopole et n'ont pour ainsi dire aucun objectif... En bref, "on prend son temps", et il faut que je m'y habitue... Cela parait peut-être paradoxal, mais c'est fatiguant à la longue de ne rien faire...

En dehors de l'aspect purement professionnel, j'ai eu quelques difficultés à me faire à la place de la femme dans l'entreprise. Nous n'avons pas exactement les mêmes droits que les hommes, il faut se faire à la culture qui a ses bons et ses mauvais cotés... Mais à part cela, les employées que je cotoie souvent sont adorables, surtout les femmes... bon en même temps pour l'instant je ne comprends pas tout ce qu'elles disent quand elles parlent entre elles, mais elles sont très agréables avec moi.. Elles m'offrent toujours quelquechose à boire, répondent à toutes mes questions et me soutiennent dans ma lutte pour obtenir ma convention de stage signée...

J'ai remarqué qu'ici, les employés passent beaucoup plus de temps à se raconter leur vie privée  ou à papoter qu'à travailler, c'est le côté fun de l'entreprise... car venant de France, je deviens un centre d'intérêt ou plutôt un objet de curiosité pour la plupart des employés qui trouvent toujours des prétextes nuls pour pouvoir rentrer dans le bureau où je suis et me dire "Melahba" (=Bienvenue), je trouve ça trop mignon :-)

Prochain article : Le souk, les courses, les choses très drôles que l'on voit ici et nulle part ailleurs...
Par Leila Bouzidi - Publié dans : Le stage - Communauté : ECE Bordeaux
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Jeudi 15 janvier 2009 4 15 /01 /Jan /2009 19:19


Ici, la religion musulmane est omniprésente… C’est cinq fois par jour pendant 15 minutes que l’on entend à l’heure de la prière toujours la même sourate du Coran récitée par la voix d’un homme. Cet appel à la prière qui résonne dans toute la ville vient de la mosquée qui est le plus beau bâtiment de chaque ville tunisienne. Nombreuses sont les maisons en construction. Ici, le rez-de-chaussée est l’endroit où vivent en général les familles, puis le premier étage (ou le deuxième, ou le troisième) est en construction, on voit les « squelettes » des futures bâtisses d’étages qui attendent les rentrées d’argent importantes.

Après la religion, la famille est la valeur la plus importante en Tunisie. Ce désir de toujours vouloir construire des étages en plus vient du fait que les enfants grandissent et fonderont bientôt eux-mêmes leur propre famille et les parents qui veulent les garder auprès d’eux tentent tant bien que mal de s’en donner les moyens en agrandissant leur maison.

Les Tunisiens (ou plutôt les habitants des pays arabes en général), sont très respectueux des anciens, des parents, des personnes du sexe opposé… Il existe beaucoup de tabous, ici, on ne parle pas d’amour, de sexe ou de choses « hram » (=péché), la « hchouma » (=honte) est partout… Vous ne verrez jamais une femme fumer devant un homme, ou un tunisien fumer devant son père ou devant les anciens… Il y a de plus des mots que l’on ne prononce pas devant les anciens ou les parents, surtout les jurons…

Tous ces tabous font que les sujets de conversations des tunisiens s’arrêtent en général à la nourriture (chose très importante en Tunisie J), au football ou à la famille… On ne parle pas trop politique non plus, par peur de représailles… Ici, le Président Ben Ali est un personnage incontournable ! J’ai été particulièrement choquée par cela d’ailleurs… il y a des affiches de lui partout !! Ce président semble craint par les tunisiens… Il est là depuis bien trop longtemps (1987) et les citoyens ne veulent pas prendre le risque de choisir quelqu’un d’autre pour gouverner leur si beau pays… Du coup, le pays semble stagner et ne se développe pas vraiment… « Tout ce système est étatique… C’est comme ça et pas autrement, on essaye de faire de notre mieux pour être au service des clients par conscience professionnelle, mais nous ne pouvons pas améliorer le système d’un coup de baguette magique tant qu’il n’y aura pas de changement au niveau politique » m’a dit durant les premiers jours une employée de la STEG en réponse à l’expression de mon étonnement devant le retard technologique et moral du pays…

Heureusement que les habitants sont vraiment chaleureux ici, car maintenant que je suis en Tunisie et que je vis vraiment au cœur de la population et non pas dans les luxueux hôtels de Djerba, Hammamet ou Tunis, je me rends vraiment compte de la chance que j’ai de vivre en France car même si j’adore ce pays, je ne pense pas avoir la capacité d’y vivre pour la vie… Beaucoup de tunisiens sont d’ailleurs frustrés par toutes les barrières administratives qui existent devant la possibilité de voyager… Obtenir un visa pour un pays d’Europe est vraiment difficile… Les employés de la STEG ont la chance de pouvoir partir dans le pays de leur choix, une fois par an et pour deux semaines dans le cadre du voyage de découverte annuel et c’est une des raisons pour laquelle ils sont heureux de travailler dans cette entreprise…

 

Photo : Une des quatre mosquées de la ville de Menzel Bouzelfa prise depuis le 3ème étage de la STEG

Par Leila Bouzidi - Publié dans : Culture locale - Communauté : ECE Bordeaux
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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /Jan /2009 02:51
Bonjour à tous ! Bienvenue sur mon blog ECE On the road ! Je m'appelle Leila Bouzidi, je suis étudiante en 2ème année à l'ECE Bordeaux et je vais vous raconter tout au long de ce blog mon aventure de premier stage à l'étranger. Je suis en stage en Tunisie dans l'entreprise la plus importante du pays, la Société Tunisienne de l'Electricité et du Gaz (STEG) équivalente à EDF-GDF Suez en France. Ma mission : participer à l'obtention de la norme internationale ISO 9001-2008 par la STEG du district de Menzel Bouzelfa (lieu de stage et de résidence) en évaluant les employés, en trouvant des solutions aux failles de l'entreprise pour instaurer la notion de qualité actuelle dans les esprits des employés afin de mieux satisfaire les exigences de la clientèle. Je vis chez ma belle-famille à Menzel Bouzelfa (leur domicile est situé à 2min à pied du lieu de stage...) ville du fameux Cap Bon tunisien et de la Wilaya (=département) de Nabeul. Menzel Bouzelfa est représentée sur la carte par un carré rouge. Ici, la langue officielle est l'Arabe, ces trois mois de stage me serviront donc en priorité à apprendre cette langue que mes parents ne m'ont malheureusement pas appris et dont je compte bien me servir dans ma vie professionnelle future...


Trêves de présentations, passons aux choses sérieuses ! Le choc culturel ! Vous n'imaginez pas à quel point la mentalité tunisienne est différente de la mentalité française... je vous donnerais un maximum de détails à travers tous les articles du blog...Commençons par le commencement, les premières impressions...


Ma première impression en arrivant en Tunisie a été le laxisme. Je m'explique : au moment où mon mari a allumé sa cigarette avant de rentrer dans l'aéroport, le chauffeur de la navette qui transportait les passagers depuis l'avion jusqu'à l'entrée de l'aéroport lui a fait signe de ne pas fumer dehors car il y a des résidus de kérozène sur la piste... Il a donc du rentrer dans l'aéroport avec sa cigarette allumée... Là, nous avons vu un panneau "interdit de fumer" puis un policier a dit lui-même à mon mari d'aller dans les toilettes... J'ai trouvé ça drôle... Les tunisiens sont très laxistes concernants les lois.. surtout pour le tabac.. Ici, les gens peuvent fumer dans les centres commerciaux, dans les discothèques, dans les cafés et bars, dans les bureaux des entreprises, etc... De plus, vous ne vous ferez pas arrêter si vous n'avez pas votre ceinture de sécurité en voiture... Ici, c'est normal..

A l'aéroport, toute ma belle-famille nous attendait mon mari et moi, ils nous ont tous serrés dans leurs bras...
Arrivés à leur domicile où nous logeons pour toute la durée du stage, les cousins, tentes, oncles et amis de mon mari nous attendaient impatiemment à la maison... Tout le village était au courant de notre venue et tous les habitants étaient impatients de nous voir... Nous avons été accueillis très chaleureusement, comme nulle part ailleurs.. L'hospitalité est la caractéristique la plus marquante des tunisiens... Lorsque votre visage n'est pas typique du pays, soyez certains que vous entendrez l'expression "Melahba" qui signifie Bienvenue en arabe.. C'est d'ailleurs ce que j'entends tout le temps lorsque je croise un employé de la STEG , société la plus importante du pays où je fais mon stage. Je ne connais personne mais tout le monde sait que je suis une stagiaire venue de France et me salue. On n'est jamais ignoré ici comme en France, tout le monde vous dit "Salam" (=bonjour) et ce même plusieurs fois par jour pour une même personne, soit autant de fois que vous la croiserez...
Le point le plus négatif que je retienne pour l'instant, c'est le fait qu'il faille toujours négocier pour obtenir quelque chose, même si c'est un document administratif, il faut faire en sorte de se faire apprécier par la personne en face de vous, sinon elle vous mettra vite des bâtons dans les roues, mais à l'inverse, si elle vous apprécie, elle vous facilitera extraordinairement la tâche. Il faut donc vite apprendre à se faire apprécier des tunisiens, en respectant leurs coutumes et habitudes, ici, c'est absolument essentiel !


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Par Leila Bouzidi - Publié dans : Accueil - Communauté : ECE Bordeaux
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Profil

  • Leila Nasri
  • La Tunisie aux yeux d'une ecéenne franco-algérienne...
  • Femme
  • 28/02/1990
  • voyage stage Méditerranée école de commerce contrôle de gestion
  • Jeune diplômée d'école de commerce depuis juillet 2011, à la recherche de son premier emploi de contrôleur de gestion. En stage durant 3 mois à la STEG en Tunisie en 2009 et revenue en Tunisie en Août 2011 après la révolution.

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