Le village
Menzel Bouzelfa fait partie des nombreux villages agricoles de Tunisie. L'air y est sain, la vie y est simple. On y rencontre beaucoup d’animaux tels que les ânes et les chevaux qui servent à tirer les charettes des paysans garnies de fruits, légumes ou autres produits issus de leur agriculture. Cela semble très archaïque d’un point de vue occidental mais ici c’est tout à fait normal et ça ne choque personne. D’ailleurs, les paysans sourient quand ils me voient en train de photographier leurs animaux. L’un d’entre eux m’a même dit : « c’est la première fois que je vois quelqu’un qui s’interresse plus à mon âne qu’à mes produits, tu n’es pas d’ici ma fille, n’est-ce pas ? ».
Et oui, les tunisiens forment une grande famille… Les hommes de même génération s’appellent entre eux « khouya » (=mon frère) et appellent les femmes de leur génération « ou’kh’ti » (=ma sœur). Les personnes âgées sont appellées « el Hadj » au masculin ou « Hadja » au féminin ce qui est une grande marque de respect car cela signifie « celui qui a fait le pélerinage ». Elles-mêmes appellent les plus jeunes « Oulidi » (=mon fils) ou « Benthi » (=ma fille). Ces appellations sont une grande marque de chaleur, de sympathie et de proximité entre les personnes.
Concernant les animaux, j’ai remarqué que malheureusement les
animaux errants courrent les rues. Les chats et chiens qui luttent pour survivre sont nombreux et ont peur des humains car il est culturel pour les tunisiens de détester les chats et les chiens,
ceux-ci étant considérés comme des êtres impurs pour les croyants…
Ce que l’on trouve aussi beaucoup ici, ce sont les cafés. Mais attention, pour les hommes uniquement. Il n’est évidemment écrit nulle part « interdit aux femmes » mais il est considéré comme honteux pour une femme de pénétrer dans un café d’un village où tout le monde se connait. Allez donc savoir pourquoi… Mon bureau à la STEG se trouve justement en face d’un des plus grands cafés du village, ce qui me laisse à mes nombreuses heures perdues l’opportunité d’observer les buveurs de café… Il est culturellement normal ici de commander un simple café et d’occuper une table pendant plus de deux heures pour la seule et même boisson. Entourés de leurs amis, les hommes ne comptent pas leur temps à discuter autour d’un café ou d’un thé, une cigarette à la main et une chicha pas bien loin… J’ai déjà vu certains hommes rester du matin au soir assis à la même table. Le café est le lieu de rencontre des hommes.
La maison
Pendant que les hommes passent leur temps au café, les femmes, elles, préfèrent la maison comme lieu de rencontre, plus précisément le salon. Ma belle-mère fait d’ailleurs partie des femmes les plus connues et les plus appréciées du village. Ses amies et elles choisissent donc le plus souvent sa maison (donc la maison où je vis) pour se réunir et discuter. Hum, non, discuter n’est pas le bon mot… S’exprimer est plus approprié… Les femmes donc parlent entre elles en arabe, et les arabes parlent et rient très FORT… A tel point que c’est d’ailleurs souvent elles qui me réveillent de ma sieste quotidienne… Mon beau-père, mes beaux-frères, mon mari et moi détestont cela d’ailleurs et préférons nous réfugier dans la cuisine lors de telles « réunions », mais nous ne pouvons rien reprocher à notre chère Mamia (surnom de ma belle-mère) car elle se démène toute la journée (levée à 7h, couchée à minuit) pour s’assurer du bien-être de chacun dans la maison. Elle s’occupe à elle seule de toutes les tâches ménagères, de faire la cuisine, de servir sa famille au mieux et elle y arrive merveilleusement bien d’ailleurs. Réunir ses amies chez elle est donc pour elle un grand plaisir dont personne ne pourrait la priver..
Les courses
Dans un village agricole comme celui où je vis, les gens ont très peu de revenus et se nourrissent d’aliments rentables comme le pain et les légumes. A titre d’exemple, une baguette de 300g coûte 200 millimes (0,200 Dinars Tunisiens) soit environ 12 centimes d’euros. Cela semble minime pour nous. Mais le coût de la vie pour les habitants est aussi voir plus élevé que chez nous en France car ici le SMIC est à 200 DT (soit environ 120 euros).
C’est au Souk (=le marché) que les habitants font la plupart de leurs courses. C’est deux jours par semaine, le mercredi et le jeudi qu’il se tient au village. Je
n’ai malheureusement pas encore eu l’occasion d’y aller mais je le croise sur le chemin de la maison à la STEG (d’où la photo) et d’après ce que m’ont dit mes collègues, le mercredi on trouve des
moutons vivants à vendre, le jeudi, c’est le jour des vâches qui coutent 1000DT la vache et 4000DT le bœuf !
Mes habitudes alimentaires sont bien différentes des gens d’ici ce qui m’a valu une turista pendant ma première semaine ici... Pour pouvoir trouver les produits que je consomme habituellement, je dois me déplacer jusqu’à la capitale où l’on trouve les grandes surfaces Carrefour, Géant, Champion et Monoprix. Mais même dans ces magasins, je ne trouve pas forcément tous mes produits préférés parfois en rupture de stock et lorsque je demande à un employé, la réponse que j’obtiens le plus souvent est « makech, radwa inch’allah » (=Il n’y a pas, demain si Dieu le veut..). On perd vite patience au début mais on finit par s’habituer. Un conseil à tous ceux qui voudraient voyager en Tunisie pour un moment, faites vous un stock de céréales (Chocapic, Kellog’s ou autres..) car ici le prix moyen d’un paquet de 250 grammes et de 6 DT (soit environ 3€), faites également un stock de pots de Nutella (je sais qu’on est nombreux à être drogués à cette délicieuse pâte à tartiner) car ici le prix d’un pot de 750g est de 14 DT (presque 7€ !), de plaquettes de bon chocolat et de tubes de bonne mayonnaise car ici vous n’en trouverez pas… Enfin, profitez de votre passage aux magasins détaxés des aéroports pour vous approvisionner en bouteilles d’alcool (à titre d’exemple, une bouteille de vodka Absolut de 1L coûte ici 120 DT soit environ 55€ en grande surface !) ou en cartouches de cigarettes françaises car celles d’ici n’ont absolument pas le même goût !
Après un mois passée en Tunisie, le bilan est plutôt mitigé. J'ai une belle-famille en or. Les gens sont chaleureux, mais le village est ennuyeux et il manque bien trop de choses. Concernant mon apprentissage de la langue arabe, je progresse, j’arrive déjà à tenir une conversation avec les enfants de 2 à 4 ans, pas mal non ?
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Bonjour à tous ! Bienvenue sur mon blog ECE On the road ! Je
m'appelle Leila Bouzidi, je suis étudiante en 2ème année à l'ECE Bordeaux et je vais vous raconter tout au long de ce blog mon aventure de premier stage à l'étranger. Je suis en stage en Tunisie
dans l'entreprise la plus importante du pays, la Société Tunisienne de l'Electricité et du Gaz (STEG) équivalente à EDF-GDF Suez en France. Ma mission : participer à l'obtention de la norme
internationale ISO 9001-2008 par la STEG du district de Menzel Bouzelfa (lieu de stage et de résidence) en évaluant les employés, en trouvant des solutions aux failles de l'entreprise pour
instaurer la notion de qualité actuelle dans les esprits des employés afin de mieux satisfaire les exigences de la clientèle. Je vis chez ma belle-famille à Menzel Bouzelfa (leur domicile est
situé à 2min à pied du lieu de stage...
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