Ce mouvement révolutionnaire démarré il y a près d'un an le 17 décembre 2010, entraînant la chute du régime autoritaire de Ben Ali et sa fuite en Arabie Saoudite un mois plus tard (le 14 janvier dernier) ; a donné naissance au "Printemps Arabe" qui correspond au vent de révolutions qui s'est propagé dans plusieurs pays arabes : l'Egypte, la Syrie et surtout la Lybie, qui a déclaré aujourd'hui la fin de la guerre civile contre la dictature Kadhafi, exécuté 3 jours plus tôt par les forces rebelles soutenues notamment par la France.
Aujourd'hui, dimanche 23 octobre 2011 est un jour historique pour la Tunisie qui vote librement après plusieurs décennies de régime dictatorial. Beaucoup d'émotion et de mobilisation pour ces élections des membres de l'Assemblée Nationale Constituante notamment chargée de rédiger la nouvelle Constitution de l'Etat tunisien et de servir de gouvernement intérimaire dans l'attente des prochaines élections législatives et présidentielles. Avec un taux de participation record de plus de 70% à faire rougir les plus grandes démocraties mondiales, ces élections représentent un enjeu considérable dans la géopolitique arabo-méditerranéenne, tenant en haleine les spectateurs du monde entier quant au sort réservé aux pays acteurs du "Printemps Arabe".
Le parti islamiste "Ennahda" ("la renaissance" en arabe) se présente comme le grand favori de ces élections, les partis laïques et libéraux n'ayant pas réussi à se mettre d'accord. Ennahda, comme beaucoup d'autres partis politiques (80 en tout sur les bulletins de vote), fait de belles promesses à la population autour d'une valeur commune omniprésente : l'Islam, pas assez présente voire "opprimée" pour les tunisiens dans l'ancien régime de Ben Ali. Le parti se positionne comme partisant d'un "Islam modéré et de laïcité à l'image de la Turquie et non de l'Arabie Saoudite, de l'Iran ou de l'Afganistan". Plusieurs sources internet facilement trouvables nous donnent les grandes lignes du programme "en 365 mesures" de l'Ennahda notamment le site leaders.com qui cite notamment un résumé des mesures politiques et économiques proposées par le parti de Rached Ghannouchi. Parmi elles, on peut citer "la réalisation d’un taux de croissance annuel moyen de 7% durant la période 2012-2016, permettant de passer à un revenu national disponible par habitant de 10 000 D contre 6300 D en 2011" et "la création d’environ 590 000 emplois durant le prochain quinquennat, ramenant ainsi le taux de chômage de 14.4% en 2011 à 8.5% à l’horizon 2016 ". Des schémas qui paraissent tellement irréalistes lorsque l'on constate la situation économique mondiale actuelle, bref beaucoup de démagogie auprès d'un peuple qui rêve d'un profond changement de situation après tant d'années de misère et plusieurs sacrifices pendant la révolution du Jasmin.
Quoiqu'il arrive, le peuple tunisien est enfin devenu souverain de son propre pays, espérons qu'il fasse le bon choix pour la démocratie et la liberté. Les résultats de ces élections seront connus mardi prochain. Tenant à sa liberté acquise au prix de gros sacrifices, le peuple tunisien, nous l'avons vu, est largement capable de ne pas se laisser faire en cas de non-satisfaction face au gouvernement, est seul décideur de sa destinée et ne compte pas se faire voler sa révolution comme en témoigne ce taux de participation de plus de 70%, bel hommage rendu aux victimes qui ont sacrifié leur vie pour la liberté.
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